Le parc aux singes de Jigokudani : rêve ou cauchemar?

Je viens de descendre du bus qui m’a amené de la petite ville de Yudanaka à l’entrée du parc national Jigokudani. J’ai 1,8 km à marcher. Il a neigé pendant la nuit et les branches sont chargées d’une épaisse couche blanche. L’air est frais, mais pas froid. Je suis bien.

Je marche dans le sentier bordé d’arbres qui mène aux sources d’eau chaude. Je sais que je serai la première arrivée au site, qui ouvre ses portes à 9 h, soit dans 30 minutes. Je ne me presse pas.

Pour la première fois depuis mon arrivée au Japon, je suis vraiment toute seule. Et dans la forêt. J’apprécie pleinement le moment. Je regarde autour de moi, je respire, je souris intérieurement. Ce matin, aux petites heures, je me suis baignée dans le onsen du ryokan. Je suis détendue, ouverte, l’énergie circule. J’en deviens presque émotive. Je me trouve ridicule.

J’arrive au site. L’emplacement est magnifique.

Le parc aux singes de Jigokudani
Le parc aux singes de Jigokudani

Après avoir réglé le prix dérisoire de l’entrée (500 yen, soit environ 5 dollars), je contourne le petit chalet et – BAM! – je l’aperçois. Mon premier singe. Pas mon premier à vie là, mais mon premier macaque japonais en liberté. Il est juste là, dans l’escalier. La voix de Charles Tisseyre me résonne dans la tête. J’en rêve depuis si longtemps! J’ai dû regarder le documentaire de la BBC au moins 10 fois. Sauf que maintenant, c’est différent! Le singe, il est là devant moi et j’avoue que je ne sais pas trop comment réagir. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne faut pas sourire, car les singes voient les dents comme un signe d’agression, et que les primates n’aiment pas vraiment les autres espèces animales. Je deviens nerveuse.

Mon premier singe
Mon premier singe

L’agent de la faune passe à côté de lui. Le singe s’en contrefout. Ok, j’y vais. La bouche bien fermée, je m’avance, en tentant d’arborer ma meilleure attitude je-viens-en-amiste. Les singes sont vraiment nombreux. J’apprendrai plus tard qu’ils sont une troupe (une meute? Un clan?) de 140 individus.

Je manque de faire une crise cardiaque chaque fois qu’un d’eux passe en courant à côté de moi.

Tiens, je ne suis pas seule. Il y a aussi un Japonais équipé de (surprise!) sa caméra ultra sophistiquée. Parfait, j’ai justement besoin d’aider pour ajuster la mienne.

Moi : My pictures are too dark. Can you help me?
Le Japonais réfléchit : Help me… help me…?!

Il est confus. Je lui pointe mon appareil, puis je fais un signe de pouce en bas avec un air dégoûté. Ah! Il comprend. Et il se lance dans un cours de photographie en japonais. Il ne parle pas un mot d’anglais. Pourtant, je comprends tout. En fait non, il dit bien un mot en anglais : speedo (vitesse). Je trouve ça drôle (dans ma tête). Grâce à lui, je réussis à prendre ma photo digne du National Geographic, pendant que l’endroit est encore quasi désert. Arrigato, l’ami!

Ma photo digne du National Geographic (à mon humble avis ;)
Ma photo digne du National Geographic (à mon humble avis ;))

Je passe la prochaine heure à regarder les singes faire des activités de singe, comme :

Jouer au roi du poteau…

Le roi du poteau
Le roi du poteau

Regarder ce qui se passe autour…

La farniente
La farniente

Fouiller dans la neige pour trouver des petites miettes de nourriture…

Pris sur le fait
Pris sur le fait

S’enlever les poux…

Séance d'épouillement
Séance d’épouillement

Passer du temps en famille…

Une maman et son bébé
Une maman et son bébé

Jouer avec ses orteils…

Une maman et son bébé qui se joue après les orteils
Une maman et son bébé

Ou tout simplement relaxer.

Les muscles du visage sont bien détendus
Les muscles du visage sont bien détendus

Mais tout moment magique a une fin et les touristes commencent à arriver. Jusqu’ici, je n’avais pas osé descendre près du bain, d’abord pour ne pas perturber la relaxation primate, mais aussi parce que ce n’était pas vraiment nécessaire : je les voyais très bien d’où j’étais. Les touristes (que dis-je, les monstres!) s’approchent des singes, essaient d’interagir avec eux, s’assoient sur le bord du bain, mettent leur caméra si près du visage des singes qu’ils peuvent photographier leurs poils de nez, j’en suis certaine.

Qui, de l'homme ou du singe, est le plus civilisé?
Qui, de l’homme ou du singe, est le plus civilisé?

S’ils pouvaient sauter dans l’eau, ils le feraient. Ces gens n’ont aucune barrière et il devient difficile de prendre des photos sans les cadrer. L’atmosphère si particulière du début a fait place à ceci :

Les envahisseurs
Les envahisseurs

Bref, je prends mes clics et mes clacs et je déguerpis afin de ne pas ruiner le beau moment que j’ai passé, tôt le matin, au parc des singes.

Et voici encore quelques photos, juste pour le plaisir :

IMG_5371 IMG_5588 IMG_5432 IMG_5339 IMG_5167 IMG_5387

Relaxation extrême

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