Hola les lolos : en visite chez les Embera

Pour ma première journée en Amérique centrale, j’ai été invitée à aller passer une journée chez les Embera, dans un village reculé situé dans le parc national Chagres, au Panama.

Les Embera, un des peuples indigènes du Panama, ne s’encombrent pas de vêtements superflus. Ils y vont gaiement, torse nu, sans distinction de genre. C’est du moins l’unique information que je possédais quant à la culture embera, mais qui m’assurait d’emblée qu’on allait bien s’entendre.

Découverte de la culture embera

À 8 h, mon guide Harry est passé me prendre au condo du couchsurfeur qui m’hébergeait à Panama City. Après environ 1 h de minibus – climatisé – dans le traffic (JAMAIS vous ne me verrez derrière un volant ici), deux hommes embera en tenue d’Adam censurée (lire: portant uniquement un cache-pipo) nous attendaient pour nous faire monter dans leur pirogue à moteur.

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En 2 temps, 3 mouvements, nous avons remonté la rivière jusqu’au village des Embera Puru, qui étaient rassemblés pour nous accueillir. Les hommes musiciens nous jouaient un petit air de bienvenue.

On nous a d’abord présenté quelques membres de la communauté, qui compte 142 personnes vivant dans 24 maisons. Puis, la soeur du chef du village, Zuleica, nous a expliqué les nombreuses traditions héritées des civilisations anciennes (Mayas, Aztèques et Incas).

Zuleica
Zuleica

J’ai ainsi appris que les bijoux se transmettent de génération en génération et que les tatouages au henné que portent les hommes et les femmes ne sont pas là simplement dans un but esthétique. Ils protégeraient également la peau du soleil et des moustiques. L’artisanat et le tissage sont aussi importants dans la culture embera. Certains morceaux peuvent prendre jusqu’à un mois à fabriquer. Ils sont ensuite vendus dans les marchés, et le prix de chaque morceau est établi en fonction du temps de fabrication (1$ par heure de travail).

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Que les Embera aient réussi à conserver leurs traditions ancestrales dans le contexte de mondialisation actuel me fascine. Le fait qu’ils aient choisi de s’établir dans des endroits reculés et relativement difficile d’accès y est certainement pour quelque chose.

Un délicieux dîner sur le feu
Un délicieux dîner sur le feu

On nous a ensuite cuisiné le dîner (du tilapia sur le feu, miam!) et pour digérer nous sommes allés prendre une marche dans la forêt tropicale avec le botaniste du village, alias le chef d’orchestre. Mes compatriotes New Yorkais avaient l’air de trouver que ça s’approchait plutôt de l’expédition, mais hey, le botaniste en question, il était plus vieux que nous tous et il ne portait pas de souliers. So. Il nous a fait découvrir les plantes médicinales, dont une qui sert de « petite pilule bleue. » Ha ha! Elle était bien bonne celle-là.

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Le botaniste du village

La journée s’est terminée avec une belle danse. Les enfants sont venus me chercher par la main, les petits charmants. Ça swignait par là, mes amis!

Mon expérience personnelle

Pour être honnête, j’étais au début sceptique, à savoir si tout ce cirque (la musique, la danse, etc.) était forcé ou si ce n’était que pure gentillesse.

J’appréciais le tout, mais j’en ai vu d’autres, comme on dit, des communautés indigènes où on met le paquet et dès que le touriste a le dos tourné, hop! on enlève le déguisement et on sort le cellulaire… Bref, vous voyez un peu dans quel était d’esprit j’étais.

Or, je dois avouer que chez les Embera, ça a été différent. Je n’ai pas eu l’impression d’assister à un spectacle. On nous a reçus avec une telle générosité! Ça ne s’invente pas.

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Femmes embera

Au départ, j’étais un peu gênée d’engager la conversation avec les gens de la communauté, à cause de la barrière de la langue. Le guide Harry nous avait appris à dire « bonjour » et « merci » en langue embera, mais en arrivant sur place, je ne savais déjà plus lequel était lequel. Mais hey, ce ne fut pas long que les femmes sont venues me demander ce que je faisais là à voyager toute seule et quand elles ont vu que je parlais espagnol, ah ben là, on en avait des choses à se raconter. Elles avaient un regard bienveillant et se confiaient ouvertement, à mon grand plaisir, ce qui m’a permis d’aborder l’éléphant dans la pièce, la question qui me brûlait les lèvres :

Pourquoi nues boules?!

Question stupide s’il en est une, puisque Zuleica m’a simplement répondu que c’est comme ça par chez eux, qu’elle porte un chandail uniquement lors des rares fois où elle doit se rendre en ville, et qu’à chaque fois elle est convaincue qu’elle va mourir de chaleur. Je ne pouvais que lui donner raison. Humidité, sueur et averses fréquentes font en sorte que tu as l’impression d’être dans un sauna à longueur de journée, et franchement, qui va dans un sauna tout habillé?! Je lui ai ainsi avoué que j’aimais beaucoup ça comme principe, et que je ne serais pas contre l’idée que les gens l’adoptent au Canada, ce serait tellement plus simple. En revanche, on a convenu que j’aurais sûrement frette au ti-boutes.

Bref, on a eu de beaux échanges constructifs.

J’ai aussi discuté avec la femme qui nous a préparé à dîner. Elle m’a parlé de ses 7 enfants (!), dont ses 2 filles Angelina et Anjelina (j’ai dû lui faire répéter quelques fois avant de comprendre que c’était la prononciation qui était légèrement différente. MAIS QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE TENDANCE de donner le même prénom à plusieurs de ses enfants?) Elle m’a pointé sa fille Anjelina : « C’est la petite grosse (gordita) là-bas. » Ha ha!

Les Embera se sont montrés extrêmement amicaux. D’ailleurs, le botaniste-slash-chef d’orchestre, quand il a su que j’étais au Panama entre autres pour prendre des cours d’espagnol, m’a invitée à rester avec eux pour étudier la langue embera (non sans s’être d’abord assuré que je n’étais pas mariée).

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Fillette embera

Et que dire des enfants. Premièrement qu’ils sont très nombreux, comme on peut l’imaginer. De plus, je ne sais pas si c’est le fusil à eau que j’avais apporté, ou s’ils sont toujours comme ça, mais j’avais l’impression d’avoir un incroyable pouvoir d’attraction auprès d’eux.

On a eu un gros fun noir à se partager une noix de coco! ;)
On a eu un gros fun noir à se partager une noix de coco! 😉
Bref, j’ai passé une excellente journée avec les Embera et si j’étais un peu sur mes gardes au début, j’avais presque la larme à l’oeil en partant. Quelles belles rencontres!

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J’étais invitée par Embera Village Tours, mais toutes les opinions sont à 100% les miennes.

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