Immersion culturelle au Panamá – partie 1 : Boquete

Je vis dans une maison d’un étage, plutôt grande comparée à certaines. Dehors, une petite table de bois, deux chaises, un hamac suspendu et un parquet qui luit. À l’intérieur, le temps semble s’être arrêté dans les années 1950. De vieux meubles, une petite cuisine équipée du strict nécessaire – un frigo, un poêle et un minuscule comptoir qui en ferait rager plusieurs. Fait rare dans le voisinage, il y a une connexion wi-fi à la maison. Par contre, pas d’eau chaude. Il faut voir ça du bon côté : le matin, la douche réveille, et ça a le mérite d’éviter le gaspillage de l’eau.

Je me trouve à Boquete, un village situé dans le creux des montagnes de la province de Chiriqui, à l’ouest du Panama. Boquete est connu pour sa végétation luxuriante et son café de renommée internationale. De sa population de 19 000 personnes, on compte environ 14 % d’expatriés. Surtout des Américains, mais également des Canadiens et des Allemands.

Je suis ici en immersion espagnole. Habla Ya, l’école de langues à laquelle je me suis inscrite, propose deux options d’hébergement : l’auberge ou l’immersion. Malgré les avertissements de l’école concernant le « confort minimum dans un contexte de pays en voie de développement », j’ai choisi la seconde option. Ce n’est pas une couple de coquerelles qui vont m’arrêter, tss! Quoique.

Nivia Miranda, une charmante dame d’une soixantaine d’années, m’héberge chez elle. Retraitée, elle prend son rôle très au sérieux. Le matin, elle me cuisine à déjeuner, le plus souvent du jambon, des œufs, du fromage à la crème et un genre de pain frit ou quelque chose qui ressemble à une croquette de patates, je ne sais pas trop. En tout cas, une chose est certaine, c’est que je n’ai plus faim après un déjeuner comme ça. À quelques reprises, j’ai essayé de lui expliquer poliment que je ne mange pas de viande, mais rien n’y fait. Chaque fois que je m’attable, je vois apparaître un morceau de jambon, une côtelette de porc, une poitrine de poulet. Tant pis. C’est qu’elle est tellement gentille, la señora Nivia. Et puis, déjà qu’elle cuisine pour moi, qui serais-je pour me plaindre? D’ailleurs, j’ai bien essayé de l’aider à cuisiner, mais sans succès. Elle se fait un point d’honneur de nous nourrir comme si nous étions ses propres enfants. Ça m’a fait drôle au début, mais on s’habitue. Elle est vraiment cute, je vous jure.

Pendant la journée, elle garde ses petits-enfants et je vaque à mes occupations. Visite des plantations de café, randonnée, ascension du volcan Baru; ce ne sont pas les activités en plein air qui manquent, à Boquete. Par contre, comme c’est la saison des pluies, doublée cette année du phénomène El Niño, ça complique un peu les choses. Qu’à cela ne tienne : j’ai mon imperméable et de toute façon, il pleut le plus souvent en après-midi, pendant que je suis à l’école.

 

Je reviens de l’école vers 17 h 30. On se raconte notre journée, en espagnol. Nivia est vraiment patiente, et elle a l’habitude d’accueillir des étudiants qui s’expriment avec difficulté. Elle a une bonne écoute et elle aussi, elle aime jaser. Elle me raconte ses voyages au Kentucky et à Miami, et me parle de son fils Arturo, qu’elle a envoyé étudier en Belgique pour qu’il apprenne le français, à l’époque.

La première journée, après quatre heures de cours, mon cerveau voulait exploser. Le 2e jour, c’était déjà moins pire. Le 3e jour, je me faisais des scénarios en espagnol. Aujourd’hui, c’est seulement le 4e jour, et j’ai déjà l’impression de vivre ici depuis quelques semaines. Je sens déjà une différence lorsque je m’exprime. Je suis plus à l’aise et la conjugaison des verbes est moins difficile. De plus, chaque fois que les gens me comprennent du premier coup, sans que j’aie besoin de répéter, c’est pour moi une petite victoire. Selon moi, le fait d’être hébergée chez une Panaméenne, plutôt que de dormir à l’auberge, contribue énormément à mon progrès.

La semaine prochaine, mon immersion espagnole se poursuivra dans une autre école Habla Ya, à Bocas del Toro. Ce sera un contexte totalement différent, puisque je serai au bord de la mer. Je suis un peu triste de quitter mon instructeur Yubal, la señora Nivia et les montagnes de Boquete, mais j’ai le sentiment que je m’y plairai, là-bas aussi!

Et vous, avez-vous déjà vécu une immersion? Quelle a été votre expérience?

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Je suis invitée par Habla Ya, mais toutes les opinions sont à 100% les miennes.

P.S. Malgré la simplicité de la maison, elle est tellement propre! Toujours pas aperçu de coquerelle (et je reste très à l’affût).

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