Islande : le trek Laugavegur sans les foules

À 140 km à vol d’oiseau de Reykjavik, le trek Laugavegur relie les sources d’eau chaude de Landmannalaugar à la vallée glaciaire de Þorsmörk. Le départ se fait pratiquement au pied du volcan Hekla, qui pourrait entrer en éruption à tout moment. Et le sentier se termine à mi-chemin entre le fameux volcan Eyjafjallajökull (celui qui a paralysé le traffic aérien en 2010), et sa grande sœur Katla, dont on estime qu’une éruption serait 10 fois plus importante. Traditionnellement, Katla érupte 2 fois par siècle. Sa dernière éruption remonte à 1918… et 5 jours avant le départ pour le trek, on a enregistré 2 tremblements de terre sur Katla. Vous me suivez toujours?

Évidemment, je n’étais pas consciente de tout cela avant de partir. Enfin, si, mais à moitié. Si les Islandais ne sont pas stressés, pf! Moi non plus.

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Le trek Laugavegur

Ce trek est le plus populaire d’Islande. Chaque été, des centaines de randonneurs le font et y campent, soit en refuge ou en tente. Par moments, les camps prennent des airs de Woodstock – et ça s’amplifie à chaque année.

Comme je ne suis pas trop fan des endroits achalandés à la base (et encore moins lorsqu’il s’agit de randonnée), partir en hors piste avec un guide était la meilleure option pour moi. J’ai donc joint un groupe de 11 randonneurs francophones pour un trajet de 6 jours qui devait durer 70 km, soit 15 de plus que le trajet régulier. Les 3 premiers jours se feraient en hors piste, donc loin de la cohue. Ensuite, on rejoindrait le sentier principal pour les 3 derniers jours du trek.

Avant toute chose je dois vous avouer que si j’étais très excitée à propos du trek, je n’étais pas trop chaude à l’idée de partir comme ça, en groupe, avec une gang de Français… À vrai dire, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais je me suis dit : qui vivra verra! ;P

Le départ

De fait, mes doutes se sont dissipés bien assez vite. Le groupe est formé d’une avocate belge, de deux Suissesses (dont Christiane qui est maintenant mon héroïne dans la vie), d’un chirurgien et d’un ostéopathe français, d’une russo-suédoise qui habite le Luxembourg, d’un couple de Niçois, d’une Bretonne et surprise : d’une mère et son fils, québécois! Je ne suis donc pas la seule colonisée du groupe. En vérité, tout ce beau monde s’entend à merveille.

Le groupe, heureux!
Le groupe, heureux!

Notre guide Rémy nous indique le chemin à suivre, GPS à la main. Il ne nous reste plus qu’à ouvrir grand les yeux (et à ne pas chialer). De toute façon, qui aurait envie de chialer avec des paysages pareils?

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Notre guide Rémy

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Pendant 3 jours, on est seuls au monde. À part notre groupe, on n’a pas croisé un seul randonneur!

Les bagages sont transportés par Kiddi, un chauffeur local aussi gentil que baraqué. J’ai cru que sa main allait m’avaler tout entière la première fois que je la lui ai serrée.

En randonnée, nous n’avons qu’un petit sac de jour à apporter avec nous. Après chaque journée de marche, l’apéro nous attend. Vin, bière, fromages suisses, saucisson… Ensuite, tout le monde met la main à la pâte pour la préparation du souper. L’atmosphère est conviviale. L’avantage de partir avec des Français : on a mangé comme des rois!

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Johan, Kiddi et moi – on se dit au revoir!

Les journées de marche sont longues. Ce n’est pas une petite balade dans le parc – ces gens-là sont en forme, mes amis! J’essaie tant bien que mal de prendre des photos pendant que le groupe avance rapidement. Les montagnes ne sont pas un obstacle sur notre chemin. On les grimpe, les descend, les regrimpe, les redescend… Une journée, on a fait jusqu’à 25 km. Je ne savais même pas que mes jambes pouvaient en marcher autant! Le groupe apporte une sorte de soutien et d’encouragement… si tout le monde le peut, alors moi aussi! Et avec le temps, ça devient de plus en plus facile. Les jambes se dérouillent, les muscles se renforcent. À partir de la troisième journée, ça commençait à bien aller mon affaire! 😉

Les paysages sont diversifiés et même si la marche est longue (voire parfois interminable), impossible de s’ennuyer. Il suffit d’être attentif aux alentours pour ne cesser d’être surpris par le changement d’environnement. Cendres volcaniques, mousse, cratères, canyons, chutes d’eau, terre rouge, terre noire, ciel bleu, ciel gris…

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Arrivée sur le sentier principal Laugavegur

Moi qui suit habituée de partir seule, contre toute attente, j’ai bien aimé faire partie d’un groupe comme ça. Ça m’a poussé hors de ma zone de confort! Au final, on a parcouru bien plus que les 70 km annoncés et j’étais assez fière de moi.

Détails :

Le trek Laugavegur relie Landmannalaugar à Þorsmörk et fait 55 km. Elle peut se faire guidée ou non. Il faut se rendre au sentier en autobus aux méga-roues spéciales qui traversent les rivières.

Pour éviter les foules et partir en hors piste, il faut être accompagné d’un guide de haute montagne. J’ai fait affaire avec la compagnie familiale Fjallabak. La compagnie s’occupe de tout : la nourriture, le transport, le transport des bagages, etc. La version « Fjallabak » du trek fait 70 km.

J’étais l’invitée de Fjallabak, mais les opinions exprimées ici sont à 100% les miennes.
*Vous pourrez lire le récit complet du trek, ainsi que mes tuyaux sur l’Islande en autonomie, dans la prochaine édition du magazine Géo Plein Air!

En attendant, vous pouvez me suivre sur Facebook, Twitter et Instagram

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