Cuba : la backpackeuse et le mojito philosophal

Un autre jour, un autre voyage qui se termine dans un hangover grandiose. Pourquoi les meilleures fiestas ont-elles toujours lieu à la fin, quand 2 jours de transport nous attendent?

Personne n’aime les fins de voyage. Je déteste les aurevoirs, laisser derrière moi un lieu que j’ai apprivoisé et des gens auxquels je me suis attachée. Pour me consoler, je me dis toujours que je reviendrai. Je ne le fais jamais.

Je n’aurais pas pu espérer mieux pour ce voyage en sac à dos à Cuba, que je n’avais pas eu le temps de préparer, trop occupée que j’étais par le boulot. J’étais partie avec une certaine appréhension, ne sachant pas si j’allais réussir à me loger pour pas cher à la dernière minute. Je redoutais la « ruée » dont tout le monde parle.

En fait, c’était un voyage parfait. Complètement déconnectée (le wi-fi à Cuba est payant et accessible seulement à quelques endroits), j’ai profité à fond de chaque moment, comme les Cubains eux-mêmes savent si bien le faire.

Le malecón de La Havane

En logeant dans les casas particulares, j’ai fait la rencontre de gens extraordinaires, accueillants, qui m’ont fait sentir que je faisais partie de leur famille pour quelques jours. On m’a aidé à organiser mes excursions, si bien que je ne me suis pas ennuyée une minute. Ici, on fonctionne par le bouche à oreille et le téléphone, donc en fait c’était bien que je n’aie pas grand-chose de préparé, ça m’a permis d’y aller selon l’envie du moment et de profiter des conseils des locaux et du fait que tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un…

Pour ce qui est de réserver ou non à l’avance, je pense que c’est conseillé; j’ai entendu parler d’histoires d’autobus complets 3 jours d’avance. De mon côté, je n’ai eu aucun problème.

Cuba, c’est bien plus que la farniente sur la plage; il y en a pour tous les goûts et c’est une excellente destination pour les gens actifs. Je suis partie en ne sachant pas grand-chose de ce qui m’attendait, sinon que j’allais boire du rhum et danser la salsa. 190 km à vélo et d’innombrables mojitos plus tard, j’ai appris comment on fait les cigares « puros » et j’en ai même roulé un moi-même, j’ai fait de l’équitation, je me suis baignée dans une grotte, j’ai mangé du homard au bord de la mer (2 fois plutôt qu’une), j’ai appris énormément de choses sur l’histoire de Cuba et j’ai participé à un carnaval dont je ne connaissais même pas l’existence la veille – le carnaval de Viñales.

Ah, et j’ai percé le secret du mojito. En effet, le monsieur au cigare dont on dit qu’il fait les meilleurs mojitos de Cuba, après m’avoir hypnotisée avec ses yeux de la couleur du divin cocktail, m’a dévoilé sa recette secrète : beaucoup de jus de lime et de menthe (ça on le savait déjà), et du miel au lieu du sucre de canne. Oui oui, du miel d’abeille. DÉ-LICE.

Je me suis sentie en sécurité partout où j’ai mis les pieds. La chose que j’ai trouvé la plus difficile comme voyageuse solo était de dealer avec le machisme ambiant et de repousser les avances de ceux qui te demandent si tu as un chum avant de te demander ton nom, pour qui « non » n’est pas une réponse valide et qui ne peuvent ni même concevoir qu’un homme puisse laisser sa partenaire voyager seule. On m’a expliqué qu’ici, la fidélité n’existait pratiquement pas… Ce n’était pourtant pas ma première fois en Amérique latine, mais je ne sais pas pourquoi, cette fois-ci j’ai trouvé ça pire que d’habitude.

Pour le reste, j’ai hâte de vous raconter en détails mon excursion à vélo de La Havane à Viñales, de vous partager mes bonnes adresses et de vous parler de la région de Piñar del Rio, qui m’a complètement conquise.

Piñar del Rio
Une petite fille bien contente de son voyage !

Et pour ceux qui se demandent si les Américains ont déjà ruiné Cuba : la réponse est NON, ça va prendre plus qu’une invasion de vacanciers pour ruiner un pays de gens au cœur en or. Tous les locaux à qui j’ai demandé s’ils trouvaient que le pays avait changé depuis quelques années m’ont dit que non. Le tourisme était déjà le moteur de l’économie depuis longtemps et on serait fous de croire que la présence de touristes américains changera le quotidien des Cubains. Peut-être qu’avec le départ de Raul, on verra le paysage politique changer et le pays s’ouvrir. Peut-être même les Cubains auront-ils la chance de voyager eux aussi? Mais ça ne se fera pas du jour au lendemain et pour l’instant, on mange encore du riz et des bines pour souper.

Et moi, il faut vraiment que j’apprenne à danser la salsa comme du monde. Peace!

4 commentaires

  1. Beau voyage!! En espérant que tu n’aie pas pris la couleur des mojitos! 😉 Content que tu aies eu de bonnes expériences. Facile de faire du vélo? Cuba n’est pas réputé pour ça . Hâte de lire les détails 😊

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    • Haha non, tout s’est bien passé du côté gastrique. Pour le vélo, les routes étaient en mauvais état donc un vélo de montagne est de mise je pense. Mais j’ai trouvé que c’était un bon endroit pour le vélo, avec les casas particulares, c’est facile de se loger chez l’habitant. J’ai bien aimé 🙂

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