Taïwan à vélo

Ça aura été notre dernier grand voyage avant que frappe la pandémie. Je ne sais pas si c’est la nostalgie qui parle, mais je me souviens à quel point Taïwan était la destination parfaite à plusieurs niveaux, mais surtout, la destination parfaite pour le cyclotourisme.

C’était mon 2e voyage de cyclotourisme, mais mon premier à deux, et c’était aussi la première fois qu’on prenait l’avion avec nos vélos. Le transport s’est bien déroulé; malgré plusieurs retards de vols à l’aller et au retour, nos vélos sont arrivés à destination à temps et en bonne condition.

Notre itinéraire à vélo

Nous avons parcouru la côte Est de Taïwan, de Taipei à Taitung, en faisant escale sur Green Island. La côte Est est la plus sauvage et nous avons pu rouler près de l’océan, ce que j’adore! (Certains diront que près de l’océan, c’est plus venteux, mais nous avons eu le vent dans le dos la plupart du temps.)

Au départ de Taipei, au Nord de Taïwan, nous avions initialement prévu de rouler jusqu’à la pointe Sud du pays via la côte Est, mais il a fallu revoir notre itinéraire une fois sur place. Nous avions sous-estimé l’impact du décalage horaire lors des premiers jours et nous n’avons pas été gâtés par la météo à l’arrivée. Les pluies diluviennes nous ont poussé à retarder notre départ à vélo de quelques jours afin de passer un peu plus de temps à Taipei. Notre itinéraire à vélo s’est donc déroulé comme ceci:

Taipei – Keelung – Hualien – Shitiping – Chishang – Taitung – Dulan – Green Island – Taipei

Au final, nous avons bel et bien descendu la côte Est (la plus jolie), mais nous avons rebroussé chemin avant d’attendre le parc national de Kenting, qui prend plusieurs jours à traverser – nous le garderons pour un prochain voyage. Nous avons plutôt mis le cap vers l’île verte (Green Island) où nous avons passé 2 jours avant de remonter vers Taipei en train.

Pourquoi Taïwan est la meilleure destination pour un voyage à vélo?

C’est simple, en descendant la côte Est, nous avions de gigantesques montagnes d’un côté et l’air de l’océan qui soufflait de l’autre. Entre chaque segment, on se ravitaillait de délicieuses spécialités locales et on s’arrêtait découvrir des pans de la culture locale, comme les temples bouddhistes et la culture du thé. Saviez-vous que Taïwan a plusieurs peuples autochtones qui ont plusieurs similarités avec ceux du Canada? Taïwan est un petit pays extrêmement riche autant culturellement que sur le plan des paysages naturels. Le pays est sécuritaire et les locaux sont très sympathiques; on se faisait d’ailleurs beaucoup encourager par des inconnus tout au long de notre parcours.

De plus, un point crucial dans le choix d’une destination vélo: Taïwan possède de belles routes bien entretenues, qui sont un vrai charme à parcourir. Le long de la côte Est, nous avons suivi la route #1, qui a une voie réservée pour les vélos et les motocyclettes, donc qui est très sécuritaire côté traffic et pas stressante du tout.

Bref, Taïwan est vraiment une destination difficile à égaler pour le cyclotourisme.

Nos coups de cœur

  • Les spécialités locales! Je rêve encore des Xiao Long Bao (soup dumplings) la nuit. La cuisine de Taïwan est très variée et a des influences japonaises, chinoises et même françaises en raison des différentes nations qui l’ont colonisé à travers son histoire. Chaque région possède ses propres spécialités, certaines plus sucrées, d’autres plus épicées; il y en a vraiment pour tous les goûts. On veut y retourner, ne serait-ce que pour y découvrir d’autres spécialités qu’on n’a pas pu goûter; il y en a trop!
  • À partir du 3e jour à vélo, depuis Hualien, j’ai senti mes épaules se détendre et mon sourire s’élargir. La pluie s’est en allée, comme les zones urbaines denses, et on a commencé à pédaler au bord de la mer. C’était ma partie préférée du voyage. Le 3e jour, on a parcouru 76 km (avec le vent dans le dos la plupart du temps). Pas beaucoup de traffic, et on a passé la nuit dans un superbe camping au bord de l’eau.
Shittiping Campground – des plateformes aménagées protègent du vent et possèdent même des prises de courant pour charger son téléphone!
  • Les campings gratuits: certaines stations de police ont des plateformes où on peut camper gratuitement. Ce ne sont pas les plus belles (souvent au bord de la rue) mais ça peut dépanner. On a passé une nuit à la station de police de Dulan, où il y avait une salle de bains à disposition.
  • Zhaori Hot Springs, Green Island: une source d’eau chaude naturelle où on peut se relaxer. L’endroit n’est pas super bien entretenu, mais l’entrée ne coûte pas cher. Surtout, ces hot springs sont uniques car alimentés à la fois par l’eau souterraine et par l’eau salée de la mer.
  • La visite du White Terror Memorial, qui nous a ouvert les yeux sur une réalité dont nous ignorions tout. Il s’agit d’un ancien camp où le gouvernement a essayé de convertir des prisonniers à l’anti-communisme dans les années 1950-70. Le musée est bien aménagé, bien tenu et les ruines valent la peine d’être visitées. Cette visite nous a secoués et marqués.
  • Les Night Markets: à chaque escale, on a pu aller se restaurer en soirée dans les night markets, pour pas cher. C’est vraiment le meilleur moyen de goûter les spécialités locales. J’avais une liste de choses que je voulais goûter et chaque arrêt dans un night market était comme une mission: coffin toast, scallion pancake, bian shi, oyster omelette, stinky tofu, bamboo rice, etc.
  • À Chishang, on a mis les vélos de côté, sorti nos sacs à dos que nous avions roulé au fond de nos sacoches, et on est partis en randonnée dans le parc national Yushan pendant 3 jours. Le trek Jiaming Lake avec nuitée en refuge demeure l’une de mes plus belles expériences de randonnée à vie. Je n’avais jamais randonné en si haute altitude; j’en ai ressenti les effets mais ce qui reste ce sont les souvenirs des paysages de haute montagne à perte de vue et les levers de soleil magiques observés dans le silence depuis le balcon des refuges.

Nos coups de gueule

  • Le transport des vélos dans des boîtes de carton; c’était bien pour sauver un peu d’argent sur le coup, mais difficile à transporter sur ce qui m’a semblé des centaines de kilomètres dans l’aéroport, puis dans la gare de train. On a eu de la difficulté à trouver un taxi qui était assez grand pour transporter les vélos jusqu’à notre hébergement. Au retour, on n’a pas hésité à faire l’achat de sacs de transport de bonne qualité pour nos prochains voyages à vélo.
  • Le départ de Taipei sous la pluie. Malgré qu’on avait des sacs imperméables, le jour du départ, au bout de plusieurs heures à pédaler sous la pluie, on en avait plein notre casque! Littéralement!!! La quantité de pluie qui tombait, je n’avais jamais vu ça de ma vie! On a dû écourter cette première journée (on devait faire 65 km, on n’en a fait que 35) et arrêter plus tôt que prévu, à Keelung. Après avoir trouvé un hôtel, on a pris une douche chaude, étendu nos affaires pour les faire sécher et on s’est endormi vers 18h … en oubliant de souper, tellement on était fatigués!
  • Essayer de comprendre le système de trains (pour les vélos); certains trains à certaines heures acceptent les vélos, dans certains wagons. Sinon, la plupart des trains acceptent les vélos qui se plient. C’était difficile de s’y retrouver, et même le personnel n’avait pas l’air d’y comprendre grand-chose. On a donc dû prendre des trains régionaux, qui acceptent les vélos mais prennent beaucoup plus de temps à se rendre et ne sont pas aussi fréquents, ce qui nous a fait perdre l’équivalent d’une journée.
  • Ne pas avoir assez de temps pour parcourir le parc national Kenting. On avait prévu 2 semaines pour faire la côte Est, mais c’était trop peu; en plus de voyager à vélo, on voulait passer plusieurs jours avec nos amis à Taipei, et explorer le parc national Yushan, ce qui ne nous a laissé que 8 jours pour pédaler. A posteriori, on aurait dû partir au moins 3 semaines, sinon un mois complet pour pouvoir remonter la côte ouest et s’arrêter en chemin pour faire d’autres randonnées.
Notre itinéraire final (pour la partie à vélo)

Conclusion

Bref, je ne sais pas si c’est la pandémie et le fait de ne pas être allée à l’étranger depuis plus d’un an qui me fait dire ça, mais ce voyage a vraiment été l’un des plus beaux que j’ai fait. J’adore voyager à vélo; ça permet de rencontrer des gens, d’en prendre plein la vue, et de s’empiffrer sans culpabilité le soir venu. J’en garde d’excellents souvenirs et j’espère avoir la chance d’y retourner, cette fois, pour explorer la côte ouest et particulièrement Tainan, la destination foodie par excellence!

Des cyclotouristes satisfaits

Des questions sur Taïwan ou le cyclotourisme en général? Posez-les en commentaire ci-dessous!

2 commentaires sur “Taïwan à vélo

  1. Comme ça me fait envie ! J’avais hésité à faire un combiné Taïwan-Philipines en 2018 avant de me tourner vers la Corée du Sud et le Japon, je regarde donc tes photos avec grand intérêt.

    Avez-vous eu de la difficulté à communiquer avec les Taïwanais ou parlent-ils souvent anglais ? Je ne ferai sans doute jamais de cyclotourisme mais comment gérez-vous les nuits ? Camping sauvage ou vous frappez au hasard des hôtels ?

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    1. Salut Audrey,
      C’était vraiment une belle destination, que ce soit à vélo ou non. Je crois que notre itinéraire se ferait tout aussi bien en train ou en voiture. L’avantage serait de pouvoir couvrir un peu plus de pays et ajouter le parc de Kenting (pas de train dans le parc par contre) 🙂
      Pour les nuitées nous avons souvent campé (nous avions apporté un équipement minimal dans nos sacoches de vélo), et un mix de AirBnb/hostels. Nous avons passé une seule nuit dans un hôtel, la première nuit, alors que nous étions trempés jusqu’aux os. C’est un hôtel que nous avions trouvé au hasard, sur place. C’était abordable. Je dois préciser que nous avions pris des cartes SIM pour nos téléphones (ce que je ne fais pas toujours nécessairement) alors ça aidait pour repérer les hébergements, attractions, etc.
      Pour la communication, tout le monde ne parlait pas anglais, mais on arrivait à se faire comprendre. Nous avons beaucoup utilisé Google Translate (la fonction vocale, et la fonction pour scanner l’écriture par exemple sur les menus). Les gens étaient chaleureux et sympathiques et nous aidaient à nous débrouiller. Beaucoup de gens m’ont aidé à transporter mon vélo quand je galérais à monter ou descendre du train, sans dire un seul mot. ❤

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