Un premier voyage en solo au Mexique

par Laurence Hudon

Ça faisait un bout de temps que j’avais envie d’essayer le voyage en solo. Pour plusieurs autour de moi, ça semblait une idée bien saugrenue. Mais de l’avis de tellement de blogueuses, ça avait plutôt l’air du paradis sur terre. De toute façon, toutes mes amies avaient soit des amoureux, soit des dettes d’études et moi, j’avais deux semaines libres.

Je t’arrête tout de suite. Je ne suis pas sautée dans le premier train pour le Myanmar venu sur un coup de tête un bon matin avec quatre valises à roulettes, trois bikinis, deux robes de soirée et une souris verte. J’ai lu sur le sujet. Je suis prête. Je connais les pièges. Il y en a deux:

A) Oui, il y a trop de choses dans ton sac.

B) J’espère que tu n’as pas coulé ton itinéraire dans le béton, parce que tu vas le changer.

Comme destination, j’ai choisi le Mexique. Pas trop loin, pas trop de décalage horaire, tacos, plages et océan à perte de vue.

Bacalar, le lagon aux 7 couleurs

Sitôt décidée, je me suis concoctée un itinéraire, une liste de choses à faire et me suis mise à la recherche des plus beaux hostels possibles. Histoire de laisser place à l’imprévu et la spontanéité, j’ai réservé toutes mes nuits en auberge, sauf une.

Audacieux, non?

Aéroport de Cancún, 15h. Je débarque de l’avion. Il commence à faire chaud. Est-ce simplement la température ambiante? La panique qui me menace? Tout me terrifie : les douanes, me rendre à mon auberge, tomber malade, me faire voler mon passeport, me faire voler un rein… Je focusse donc sur des tâches simples, une à la fois. D’abord, passer les douanes. Ensuite, trouver un moyen d’appeler mon hostel pour confirmer ma réservation, au cas où. Trouver un autobus. Monter dedans. En descendre. Ne pas me perdre. Me perdre. Respirer. Me dire que j’aurai donc dû écouter ma mère. Arrêter une femme dans la rue. Lui pointer ma carte du doigt en accompagnant quelques mots maladroits d’un regard implorant. Trouver enfin mon refuge dans cette ville au charme discutable.

J’ai constamment peur qu’on me vole mes choses ou de perdre mon passeport. Je retourne sans cesse dans mon dortoir pour vérifier. J’aperçois quelque chose qui bouge sur le mur. Diantre. C’est vivant. Je fais une première tentative pour lier d’amitié avec d’autres explorateurs de ce vaste monde. J’offre à deux filles de venir manger avec moi. Elles disent non. Pas grave, je suis ma propre meilleure amie.

La seule chose dont j’ai encore plus peur que de me faire voler, c’est de tomber malade. À tout moment, mais plus particulièrement au mauvais moment. Genre, alors que je suis en transit entre deux villes. Mais dans ce voyage, je n’ai que deux buts : manger et me dorer sur la plage. Je prends donc mon courage à deux mains et commande mes premiers tacos. La dame me rend une pièce de 2$ alors qu’elle devrait m’en remettre une de 10. Ha ben SAPERLIPOPETTE! Elle a spoté mon accent. Elle m’arnaque. Ho! Rocambolesque calomnie! On m’avait pourtant prévu. Mon espagnol est absolument insuffisant pour gérer correctement la situation. La dame réussi cependant à me faire comprendre qu’il s’agit bien de 10 pesos. La pièce ressemble juste comme deux gouttes d’eau à nos pièces de 2 dollars. Et bien….

Même si ma première journée était plutôt saveur aigre-douce, les suivantes heureusement, goûtait l’al pastor, le soleil et le gelato. Après un moment, je me suis mise à avoir moins peur. J’ai commencé à discuter plus facilement avec les gens autour de moi, j’ai visité plusieurs endroits magnifiques et je n’ai même pas été malade!

Cenote Ek Balam
Ruines de Ek Balam

Ce petit deux semaines au Mexique, c’était vraiment pour moi l’occasion d’apprivoiser le voyage solo. Ils disent que le voyage c’est pour se découvrir, mais moi, j’avais surtout besoin de le découvrir, lui. Comment faire pour se nourrir, se loger, se déplacer, être en sécurité, s’amuser… Tout à coup, viennent les questions «Qu’est-ce que tu je veux faire aujourd’hui?», « Est-ce que je suis fatiguée? », « Qu’est-ce que j’ai envie de manger? », « Sont-ce ces drôles de nœuds dans mon estomac de l’anxiété, de la faim ou bien une tourista qui se prépare? » et il n’y a que toi pour y répondre. Parfois, on n’a pas de réponses, mais il faut bien en trouver une ! Sinon, on reste sur place figé comme un popsicle au milieu de la place, yeux hagards et bras ballants. Le voyage, ça force à entrer en contact avec ses désirs et à prendre l’initiative pour les réaliser. Simplement, j’imagine qu’il faut savoir répondre à « qu’est-ce que je mange pour souper » avant de se lancer dans « qu’est-ce que le sens profond de mon existence ».

Résoudre l’énigme du sens de la vie, je garde ça pour une prochaine fois. Parce que prochaine fois, il y aura. La piqûre s’est faite. L’hiver prochain, je pars 4 mois en Asie du Sud-Est. Suffit l’apprivoisage, c’est l’heure de l’aventure!

Et toi, où était ton premier voyage solo ?

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